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mercredi 22 février 2012
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Edito
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Mes meilleurs vœux pour l'année 2012.
Monsieur le Préfet, Madame,
Mesdames, messieurs les représentants des corps constitués,
Mesdames, messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs,
Comme chaque année, monsieur le Préfet, l’Etat et le Conseil général présentent des vœux communs aux personnalités de ce département.
C’est une saine tradition, bien ancrée, qui illustre la complémentarité des grandes institutions publiques au sein de la République Française.
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Qu’il me soit donc permis, Monsieur le Préfet, ainsi qu’à vous toutes et tous ici présents ce soir, de vous adresser mes vœux de bonheur et de réussite pour l’année qui vient.
Je le dis avec d’autant plus de facilité, monsieur le Préfet, que vos premiers mois en Dordogne, malgré la morosité ambiante, me semblent être couronnés d’un certain succès.
Même s’il ne m’appartient pas de juger l’action que vous conduisez au nom de l’Etat dans notre département, je dois dire que vos premiers temps d’exercice ont montré un certain savoir-faire, une volonté de dialogue avec les élus locaux et une tempérance des mots et des méthodes en tous points conformes aux us et coutumes du pays de Montaigne.
Vous comprendrez là mon allusion au travail de la Commission Départementale de Coopération Intercommunale, placée sous votre présidence, et parvenue au final à des propositions constructives pour le territoire et ses habitants.
D’un champ de ruines au lendemain de l’été, nous sommes parvenus à faire œuvre utile, démentant ainsi la prospective d’une célèbre plume de la presse départementale qui voyait mal comment notre « village gaulois » - je cite – pourrait se départir de ses habitudes belliqueuses entre les protagonistes de la scène politique.
L’affrontement gauche/droite, cher à nos mœurs, aura donc vécu quelques semaines d’appensanteur, avec à la clé une synthèse plutôt réussie.
Mais mon petit doigt me dit que le goût de la joute partisane devrait reprendre de la vigueur au cours des tous prochains jours et cela pendant un bon semestre… Il le faut d’ailleurs, car il est grand temps de proposer des choix aux français à l’heure où notre pays désespère d’une authentique perspective collective, à l’heure où il a besoin d’espoir.
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2011 aura en effet accouché d’un monde profondément bouleversé et désorienté.
Un monde bouleversé d’abord par ses révoltes.
Sur le terrain des libertés, il faut se réjouir du soulèvement populaire des pays arabes venant à bout de régimes corrompus et liberticides. Il faut avoir une pensée profonde pour ceux qui ont versé leur sang pour un avenir meilleur.
En Tunisie, en Egypte, en Lybie - ou dans des configurations moins définies en Syrie, en Chine ou en Russie – la Rue a permis ou permettent aux libertés consubstantielles de la dignité humaine de gagner du terrain. Rendons hommage à ceux qui ont combattu et combattent pour le respect du suffrage universel, pour l’indépendance de la justice, pour la liberté de la presse et pour l’égalité entre les citoyens.
Un monde désorienté ensuite, par le désastre économique qui le frappe.
La démesure des variations sur les marchés financiers, le secteur bancaire dévasté, le chômage à son paroxysme , des Etats de la zone euro acculés sous des montagnes de dettes qui devront trouver 800 milliards d’€ sur les marchés en 2012 : le bilan est sombre mais il est indéniable.
Nous vivons bel et bien la pire crise de l’histoire de l’euro, dix ans après sa création. Et nous voyons des européens impuissants à la résoudre.
A quoi bon organiser 10 sommets de la dernière chance pour proclamer son attachement à l’euro si l’on ne prend pas les mesures politiques qui s’imposent ?
De sommets en sommets, de psychodrames en solutions partielles, les dirigeants européens n’ont pas répondu à l’enjeu et laissent aujourd’hui une Europe cadenassée par l’austérité et sans perspective d’équilibre budgétaire.
Tout le monde sait pourtant bien que la finalité de l’Union Européenne, réconciliation politique d’un continent déchiré par son Histoire, est la solidarité entre les pays débiteurs et les pays créanciers, qu’il ne peut en être autrement à court terme, avant que les économies nationales ne soient suffisamment harmonisées.
Alors pourquoi ne pas mettre en place une organisation politique correspondant à cela ? Une organisation dans laquelle les pays créanciers ne se sentiraient plus dépouillés tandis que les pays débiteurs ne se sentiraient plus sous tutelle… Pourquoi ne pas mettre en place une politique budgétaire commune avec des « eurobonds » ? Faut-il que la spéculation contre les Etats fragiles se déchaîne encore davantage ?
Etats fragiles parmi lesquels se trouve la France dont la note souveraine est sous surveillance et donc d’ores et déjà dégradée dans les faits après 40 ans de « triple A » …
Ironie de l’Histoire nous sommes revenus là où Jacques Delors indiquait avoir laissé la construction européenne après son départ de la commission il y a 20 ans : une union monétaire sans contrepartie économique et politique, sans contrepoids démocratique, à a la légitimité imparfaite.
Peut-être aurions-nous du saisir les possibilités d’intégration, mêmes partielles, offertes en 2005 par le Traité Constitutionnel Européen ?
Depuis lors en effet, nous constatons la croissance faible, la précarité galopante, la colère des peuples et le populisme rampant…
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Que penser de 2012 maintenant ?
D’abord qu’elle démarre sous le signe de l’austérité, avec 16 milliards d’€ d’impôts supplémentaires pour les français, et à la clé un pouvoir d’achat affecté.
Hausse de la TVA, taxe sur les complémentaires santé, hausse des tarifs des transports et de l’énergie… La liste est longue des prélèvements nouveaux auxquels nos concitoyens devront faire face pour payer les dépenses inconsidérées des années écoulées où l’on a baissé la taxe professionnelle, la fiscalité des succession ou l’impôt sur la fortune…
Le risque de cette politique d’austérité, c’est qu’elle produise une croissance faible tout de suite et une récession ensuite. Les fédérations professionnelles et les organisations patronales voient démarre avec appréhension la nouvelle année et certains secteurs très présents en Dordogne – bâtiment, travaux publics, papier-carton, commerce de détail – anticipent même un recul de l’activité.
Monsieur le Préfet, je souhaite qu’en commun nous veillions à éviter les trous d’air annoncés dans la construction de logements, alors que les aides à l’immobilier vont être sérieusement rabotées dans le budget 2012, notamment par la réduction des subventions pour l’accession à la propriété. Partout en France le rythme de délivrance des permis de conduire est en train de chuter, il ne faudrait pas qu’il en soit de même en Dordogne.
Dans un tel contexte, l’annonce d’une TVA majorée portée à 22 ou 23 % dans les toutes prochaines semaines, à l’occasion d’un collectif budgétaire assez inédit dans sa forme, ne devrait pas remonter le moral des ménages et des entreprises…
Mais 2012 sera aussi une année anniversaire, celui des premières grandes lois de décentralisation.
Je souhaite par conséquent que 2012 soit une année de relance de l’esprit décentralisateur qui a traversé la république jusqu’à une période toute récente.
C’est d’ailleurs là une des conditions de la sortie de crise car, on le sait, les collectivités assument les trois quarts de l’investissement public en France. Elles font l’investissement de long terme, celui qui améliore les infrastructures à 20, 25 ou 30 ans.
Elles ont pourtant de plus en plus de difficultés à y parvenir.
Les réformes récentes, à commencer par celle de la taxe professionnelle remplacée par des recettes non modulables, ont affaibli notre autonomie fiscale.
Dans le même temps, nous nous sommes vu transférer des charges importantes sans compensation suffisante, et le report un peu « penaud » de la réforme de la prise en charge de la dépendance est venu confirmé cet état de fait.
Et voilà maintenant que les banques, parce qu’elles ont mal prêté avant la crise, ne prêtent plus assez et à des prix de plus en plus élevés. Les maires m’appellent à ce propos qui voient leurs dossiers refusés. Les gestionnaires d’établissements médico-sociaux s’arrachent les cheveux et viennent demander la garantie du Département à tout du bout de champ… Tant et si bien que l’extension de nos garanties nous est reprochée par nos propres financeurs…
J’ignore s’il y a des banquiers dans l’assistance, mais je leur demande de bien faire remonter à leur hiérarchie que s’il n’y a plus d’investissements ni des entreprises, ni des collectivités, un jour, il finira par ne plus y avoir de banques non plus !
Plus globalement d’ailleurs, si aucun outil permanent de financement du secteur public n’est mis en œuvre, la crise risque de s’éterniser.
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Trois mots pour finir sur l’action du Conseil général en 2012.
Après des élections plutôt réussies pour la majorité que j’ai l’honneur de présider, le Conseil général s’est d’emblée remis au travail pour agir, pour investir et pour réfléchir :
Agir tout d’abord. Sur de nombreux fronts, et en dehors de nos seules compétences règlementaires, nous veillerons à répondre aux enjeux économiques du court et du moyen terme : ré-industrialisation des sites de la SNPE et de l’ESCAT, aides agricoles nouvelles pour le reconversion de la tabaculture, ou encore réalisation des projets Lascaux III et IV avec la région Aquitaine et l’Etat.
Investir ensuite. C’est notre maître mot depuis 30 ans. Et malgré le contexte, nous maintiendrons notre niveau de commande publique. Ainsi, nos compétences seront assumées, le taux de l’impôt ménage n’augmentera pas, l’emprunt annuel diminuera et nous parviendrons malgré cela à dépasser les 100 millions d’€ de travaux directs et indirects… C’est dire que la vis est sacrément serrée dans le fonctionnement courant de l’institution ! Il n’y a guère que la montée en division supérieure du BBD qui pourrait chambouler nos prévisions…
Réfléchir enfin. Ce n’est pas un vain mot. Dans trois domaines au moins, nous souhaitons en effet mettre à profit l’année qui vient pour répondre à des enjeux qui tiennent à cœur à nos concitoyens :
- D’abord les déserts médicaux, où nous mettrons en place un groupe d’élus en charge de formuler des propositions.
- Ensuite la question du changement climatique où nous lancerons une vaste consultation sur les énergies renouvelables baptisée Conférence Départementale des Energies.
- Enfin l’enjeu de l’accès au très haut débit internet où nous comptons peser de tout notre poids dans la mise en place d’une véritable politique d’aménagement du territoire
Ces nouveaux domaines d’intervention seront bien entendu adossés aux modifications législatives nationales susceptibles d’intervenir en France au cours des prochains mois.
2012 sera en effet une année d’élections où les principaux dirigeants du monde vont remettre en jeu leur mandat électif, aux Etats-Unis, en Russie et en France bien entendu.
Dans ce débat, je ne resterai pas muet et défendrai les valeurs qui me tiennent à cœur et les projets que je pense bon pour nos 425 000 concitoyens.
Car oui, terminons sur une note positive, nous sommes désormais 425 000 dans un département qui avait perdu 100 000 habitants au cours du XXème siècle et était descendu à 360 000 habitants il y a 50 ans.
Ce regain de population, c’est la preuve irréfutable de la qualité de vie et de la formidable attractivité de cette terre périgourdine.
Bonne année à elle, bonne année à vous !
Je vous remercie.
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