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samedi 19 mai 2012
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Le débat sur la fin de vie. Le Sénateur Bernard Cazeau a fait son choix et explique ses raisons.
Monsieur Jean-Luc Roméro, Monsieur le Président de l'ADMD,
J’ai bien reçu votre courrier du 31 janvier 2011 et je vous remercie de m’avoir fait part de votre opinion en faveur des différentes propositions de loi relatives à la reconnaissance de l'exception d'euthanasie et de l'aide active à mourir. Celles-ci ont été examinées au Sénat, le mardi 25 janvier 2011. Son refus par les élus de la majorité constitue une honte.
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Ce n’est pas la première fois que le Parlement français débat en séance publique de ce sujet. Ce dialogue fait appel à des convictions morales, religieuses, philosophiques ou éthiques. La question de la mort assistée relève indissociablement de l’intime et des libertés publiques.
Ces propositions de loi relatives à l’assistance médicalisée pour mourir marquent l’aboutissement du mouvement qui reconnaît la primauté du respect de la volonté individuelle comme principe fondamental de l’organisation de notre société et de la mise en œuvre du soin.
En effet, elles visent à mettre fin au paradoxe selon lequel une personne peut prendre l’ensemble des décisions qui orienteront son existence, indiquer par testament ce qu’il doit advenir de ses biens après son décès, mais serait privée d’un tel droit à la fin de sa vie, au moment de sa mort.
Il est incontestable que le procédé de l’assistance médicalisée pour mourir proposé complète la logique des soins palliatifs. Ces derniers visent à apaiser la douleur, même si leur délivrance implique éventuellement d’accélérer le moment du décès.
L’assistance médicalisée pour mourir tend pour sa part à mettre fin à la souffrance résultant de la perception que la personne a de sa propre situation et à lui ouvrir la possibilité de choisir, le moment venu, les conditions de sa fin de vie. Il existe donc non pas des contradictions, mais des réponses différentes à des demandes qui sont différentes.
D’ailleurs, ces propositions de loi confient la mission de mettre en œuvre l’aide médicalisée pour mourir non pas aux équipes de soins palliatifs, mais au médecin traitant ou au médecin saisi de la demande. Cette démarche entend faire preuve d’honnêteté et de clarté.
En effet, les options consistant à laisser l’assistance à mourir dans la clandestinité, comme c’est malheureusement aujourd’hui le cas, ou à la confier au monde associatif, comme cela se pratique en Suisse, sont porteuses de trop d’incertitudes et de risques pour qu’un tel choix puisse être effectué en conscience.
Pour ma part, j’ai voté en faveur de ces propositions de loi pour la légalisation de l’aide active à mourir et ce pour quatre raisons.
Premièrement, ces textes répondent aux souhaits de la personne en lui permettant de rester maître de toutes les décisions concernant la fin de son existence et de la manière dont elle souhaite la vivre avant de disparaître. La volonté du patient doit être absolument respectée.
Deuxièmement, ils permettent aux médecins confrontés à des cas douloureux d’une clause de conscience professionnelle. On leur offre ainsi un cadre juridique dans lequel ils pourront répondre à cette demande d’une manière humaine, sans pour autant se mettre eux-mêmes dans l’illégalité, ce qui est le cas aujourd'hui.
Troisièmement, les propositions de loi répondent aux proches, qui finissent parfois par accéder aux souhaits de la personne malade, par amour, en se mettant eux-mêmes en danger devant la justice. Il faut mettre un terme à cette situation horrible. Il n’est pas digne de penser que le malade, avant de fermer les yeux, ne sache pas ce qu’il adviendra judiciairement à celui qui va l’aider.
Quatrièmement, les textes que nous avons examiné répondent aux juges, souvent cléments, mais qui doivent pouvoir apporter une réponse au nom du peuple français, et non pas simplement en leur âme et conscience.
Au final, ces propositions de loi ne tendent pas à faire de l’assistance médicalisée à mourir la seule mort possible. Elles ne visent ni à la banaliser, ni à la généraliser et encore moins à l’imposer à toutes et à tous. Elles n’ont pour objectif que de permettre à celles et ceux qui le souhaitent de partir dignement.
Demeurant à votre disposition,
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de mes salutations distinguées.
Bernard CAZEAU
Sénateur de la Dordogne
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