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Monsieur Bernard Cazeau est Sénateur de la Dordogne depuis septembre 1998. Elu Conseiller général du canton de Ribérac, il l'est depuis 1976. Le 28 avril 1994, Monsieur Bernard Cazeau a été désigné Président du Conseil Général de Dordogne.
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samedi 19 mai 2012
Vous êtes dans Actualités Info nationale

Pourquoi j'ai voté en faveur de la gestation pour autrui : Le choix de mettre fin à une hypocrisie.
La décision était attendue comme le symbole d'un assouplissement de la France sur le sujet passionnel de la gestation pour autrui. le mercredi 6 avril 2011, dans trois arrêts, la Cour de cassation a tranché. Les enfants nés de mères porteuses à l'étranger ne peuvent pas être inscrits sur les registres d'état civil français puisque la France n'autorise pas cette pratique. Un choc pour Dominique et Sylvie Mennesson qui se battent depuis dix ans pour faire reconnaître en France leurs jumelles, nées en 2000 en Californie d'une mère porteuse américaine.

Avec cette décision, la Cour de cassation a lancé indirectement un appel au législateur. À l'Assemblée, lors du vote sur les lois de bioéthique, le sujet avait été écarté. Il est revenu dans l'actualité au Sénat. Plusieurs parlementaires ont en effet déposé deux amendements proposant d'autoriser la pratique des mères porteuses en France ou de donner la citoyenneté française aux enfants issus de cette pratique.


La liberté de procréer est un droit fondamental dans notre société. Elle est aujourd’hui plus grande qu’elle ne l’a jamais été, grâce à certaines avancées médicales telles que la fécondation in vitro, le transfert d’embryons, les micro-injections de sperme. Quelle que soit notre opinion sur la GPA, force est de reconnaître qu’elle est un produit de ces avancées et que, d’une certaine façon, elle permet d’accroître encore cette liberté de procréer.


Toutefois, la marchandisation de la gestation pour autrui me paraît catastrophique. On exploite des femmes. Reconnaissons-le, très peu de mères porteuses réalisent une gestation pour autrui par compassion ; la plupart d’entre elles sont motivées par des raisons financières.

Je suis assez content que ces deux amendements aient été déposés. Ils sont le fruit de la réflexion menée sur ce sujet voilà déjà plus d’un an. Leur adoption pourrait permettre à la France de ne pas toujours être en retard dans l’évolution des mœurs. Je le concède, la gestation pour autrui n’est pas dans nos traditions, mais si, dans les années soixante, on m’avait dit que je pourrais procéder à des recherches par Internet sans recourir à un dictionnaire, j’aurais rétorqué que telles n’étaient pas mes habitudes et j’aurais fait preuve de scepticisme.

Soyons capables d’évoluer. Mettons fin à cette hypocrisie, parmi tant d’autres, dont celle à laquelle nous n’avons pas accepté de renoncer, malheureusement, cet après-midi.

Ne nous faisons pas d’illusion, ne soyons pas naïfs, des dessous-de-table auront très certainement cours, mais la pratique existe dans bien des domaines. On ne condamne pas la vente d’appartements parce que celle-ci donne lieu, parfois, à des dessous-de-table ! Il faut faire de justes comparaisons. On ne condamne pas un procédé au motif qu’il existe ailleurs.

Toutefois, si la gestation pour autrui est bien encadrée, j’estime envisageable, malgré mon scepticisme premier, une évolution de la législation, ce qui permettrait de gagner dix ans. Ne nous faisons pas d’illusion : dans dix ans, lors de l’adoption d’une prochaine loi sur la bioéthique, mes successeurs voteront la gestation pour autrui, et plus ils seront jeunes, plus ils y seront favorables.

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