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samedi 19 mai 2012
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La victoire de la gauche au Sénat.
Pour la première fois dans l'histoire de la V e République, la gauche a remporté, dimanche 25 septembre 2011, la majorité au Sénat, avec 25 sièges gagnés (23 était nécessaire pour conquérir la majorité). Nous sommes aujourd’hui 177 sénateurs de gauche. Au-delà du symbole, c'est un désaveu pour le pouvoir en place, à sept mois de la présidentielle.
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Il nous appartient désormais de former une nouvelle majorité sénatoriale avec nos partenaires, avec celles et ceux qui voudront nous rejoindre. Car les résultats de cette journée historique nous obligent, et nous rendent encore plus responsables.
L’alternance au Sénat redonne toute sa force à notre démocratie. Elle doit revivifier et régénérer le bicamérisme. Ce bicamérisme, ce bicamérisme rénové, à la française qui, j’en suis convaincu, conserve toute sa raison d’être et toute son actualité dans nos institutions aujourd’hui. Le Sénat, longtemps synonyme du conservatisme le plus immuable, va donc pouvoir connaître enfin le changement.
Changement pour nos territoires, d’abord.
Nous l’avons dit et redit, tout au long de notre campagne, et je crois que nous partageons toutes et tous ici ce diagnostic : il y a un malaise profond dans les territoires. Malaise dans les services publics locaux, malaise dans les finances publiques locales, malaise chez nos collègues élus locaux. Et le Sénat, je regrette d’avoir à le dire, n’a pas joué son rôle à cet égard. Il n’a su défendre ni les collectivités, ni les élus. Pire, il n’a pas empêché leur stigmatisation. Il ne les a pas assez associés à la conduite des politiques publiques ni aux grands enjeux qui intéressent notre pays. Il faudra donc y remédier, en recréant l’écoute et le lien avec les territoires, et en permettant un nouveau souffle pour la décentralisation.
Nous allons également impulser le changement au sein de nos institutions. Que ce soit sur la loi dite de réforme territoriale, sur les finances publiques locales, on l’a vu aussi sur la réforme des retraites… la voix du Sénat n’est plus entendue.
Oui, le changement : telle est aujourd’hui notre ardente obligation. Mais regardons un instant en arrière. Regardons notre Histoire. L’Histoire de la gauche comme l’Histoire du Sénat :
- Un retour aux sources de la gauche, parce que le Sénat va redevenir le vrai représentant des collectivités territoriales et de la décentralisation. Et la décentralisation, c’est nous ! C’est nous qui l’avons inventée, conçue, portée, réalisée, incarnée, tout au long des trente ans qui se sont écoulés depuis les grandes lois Defferre qui ont marqué le premier septennat de François Mitterrand ; alors c’est à nous, désormais, de prolonger ces réformes. C’est à nous de faire du Sénat l’institution dans laquelle se reflétera la décentralisation telle qu’elle dessine aujourd’hui notre pays.
- Retour aux sources, enfin, pour les défenseurs des libertés. Car là aussi, le Sénat a un rôle essentiel, dans une période où, loi après loi, les libertés publiques et individuelles régressent et sont même tout simplement bafouées.
C’est donc à nous qu’incombe aujourd’hui la lourde tâche de ce changement, de ce retour aux sources. Et c’est dans cet état d’esprit, avec sérénité et détermination, que nous gouvernerons. |
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