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Monsieur Bernard Cazeau est Sénateur de la Dordogne depuis septembre 1998. Elu Conseiller général du canton de Ribérac, il l'est depuis 1976. Le 28 avril 1994, Monsieur Bernard Cazeau a été désigné Président du Conseil Général de Dordogne.
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samedi 19 mai 2012
Vous êtes dans Actualités Info nationale

Interview du Dr Bernard Cazeau dans la revue "Impact médecine"
Le Sénat examine le projet de réforme du médicament les 25 et 26 octobre. Ce texte apporte-il des remèdes suffisants aux dysfonctionnements du système de médicament ?

La version de l’assemblée nationale était floue, imprécise, en retrait par rapport aux ambitions affichées il y a quelques mois par le gouvernement. La commission du sénat a donc réécrit un certain nombre d’articles notamment sur la question des liens d’intérêts.

Quelles sont ces améliorations ?

Sur ce point, il y a eu un amendement rédactionnel et huit amendements pour notamment clarifier la définition de la déclaration publique d’intérêts rendue également nécessaire pour les dirigeants des autorités sanitaires, interdire au président de la HAS et au directeur général de l’Afssaps dans les trois ans précédant leur mandat et au cours de celui-ci, tout lien susceptible d’affecter l’exercice indépendant, étendre cette interdiction au directeur général de l’Inserm et au président de l’Inca, supprimer le recours à une charte de l’expertise dont le caractère paraissait contestable pour la définition, du choix des experts externes ou encore prévoir la présence de médecins généralistes et d’experts en sciences humaines au sein des instances collégiales des autorités sanitaires.

Et sur l’obligation de publication des avantages consentis par les entreprises au profit des acteurs du système de santé…

Le texte n’offre pas les mêmes garanties de transparence que le Sunshine Act américain. A mon initiative, la commission du sénat a adopté plusieurs amendements afin de garantir la publicité annuelle des conventions passées, imposer la publication des rémunérations versées ou encore interdire aux entreprises du médicament de passer des conventions d’hospitalité avec les étudiants.

Pour encadrer la prescription hors AMM, le prescripteur devra apporter la preuve qu’il a bien informé le patient de l’absence d’alternative médicamenteuse ainsi que les risques. Cette obligation concerne-t-elle les médecins qui renouvellent le médicament, qui sont souvent des médecins généralistes ?

La commission a en effet accepté un amendement défendu par le sénateur Gilbert Barbier visant à limiter cette obligation d’information au premier prescripteur.

Vous souhaitez renforcer la prescription en DCI. Avez-vous prévu des sanctions à l’encontre des médecins qui ne feront pas ?

Cela fait dix ans que je le demande. Mais je ne suis pas favorable aux sanctions et la commission ne l’a pas proposé. Grâce au renforcement de la certification des logiciels à la prescription, les médecins s’y mettront de plus en plus.

Votre rapport considère que la visite médicale collective est irréaliste. Que proposez-vous ?

Rien pour le moment. On ne peut pas rayer d’un trait de plume la profession qui regroupe au total 18000 visiteurs médicaux. Dans un premier temps, j’ai demandé au gouvernement un rapport en 2013 et la mise en place d’une commission pour réfléchir sur l’évolution de ce métier. Les visiteurs médicaux doivent dans l’avenir devenir de véritables informateurs du médicament. En attendant, il faut instaurer un contrôle de la HAS sur les méthodes utilisées par les visiteurs médicaux.

Propos recueillis par Loan Tranthimy

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