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Monsieur Velbousquet
Association nationale des cheminots anciens combattants de Dordogne
Monsieur le Président,
J’ai bien reçu votre courrier du 3 avril 2006 et je vous remercie de m’avoir informé sur les préoccupations des anciens combattants de Dordogne concernant leurs retraites, préoccupations auxquelles je reste attentif.
Je sais en effet à quel point la Dordogne, terre de toutes les résistances, doit à ses femmes et à ses hommes qui, à plusieurs fois, ont sauvé l’honneur de la nation en des heures bien sombres. C’est avec tristesse que nous avons pris connaissance l’année dernière du budget des anciens combattants pour 2006.
Une fois de plus, celui-ci est en diminution. Le gouvernement avait beau essayer de le gonfler artificiellement en apportant des crédits qui, les années précédentes, n'y étaient pas directement liés, la diminution, cette année, est de 1,55 %, et même de 3,3 % si l'on tient compte d'une inflation de 1,8 %.
Une fois de plus, ce budget était désespérément vide, même si le ministre nous a annoncé deux mesurettes. La première, qui consistait à étendre aux veufs le bénéfice de la pension militaire, aura bien peu d'effet immédiat puisque la féminisation des armées est encore très récente. En particulier, la troisième génération du feu n'est que peu, voire pratiquement pas concernée.
Quant à la petite augmentation des crédits sociaux de l'ONAC, elle était loin de suffire pour répondre aux demandes incessantes dont nous sommes l'objet dans les commissions sociales départementales de l'office. Heureusement, nous pouvons compter sur la générosité de nos concitoyens et sur l'action des conseillers généraux, qui s'impliquent dans le devoir de mémoire et de reconnaissance.
Or ce que demandent les anciens combattants, c'est bien le respect de leur dignité, pas l'aumône. Quand ils ont sacrifié leur jeunesse à la France, ils ont fait le don de leurs personnes à celle-ci. Ils ont répondu à l'appel. Pour 2006, la majorité parlementaire a pratiquement insulté le monde combattant en proposant de revaloriser de deux points la valeur de l'indice de pension de retraite militaire d’invalidité. Le Ministre en avait pourtant promis trois par an. Rappelons qu’un point d’indice équivaut à 16 millions d'euros. Ce n’est pas négligeable.
En ce soixantième anniversaire de la paix et de la libération des camps, c’est ensemble et c’est parce que nous sommes ensemble que nous devons rendre aujourd’hui le plus bel hommage à ceux qui sont tombés, en Dordogne, en France, et partout en Europe. Tombés au combat, sous l’uniforme ou dans la résistance, ou anéantis dans l’horreur des camps. Certains sont revenus, pour peu de temps hélas. Les autres, jamais.
Les employés de la SNCF figurent parmi les corporations les plus représentées dans la Résistance et il existe peu d'organisations clandestines où des cheminots ne soient pas présents. Lourd fut le bilan de la répression à leur encontre, victimes de massacres durant l'été 1944, près de 2 500 déportés dont 1 106 ne sont pas revenus, 502 fusillés. Et, malgré la peur, la barbarie et les inévitables rivalités internes, les cheminots tiendront toute leur place lors des combats de la Libération, notamment en Dordogne.
Les Sénateurs socialistes sont bien conscients que la mission de la loi de finances pour 2006 consacrée aux retraites des anciens combattants n'est pas à la hauteur des attentes de vos adhérents, d'autant plus qu'il consacre un fort repli du soutien de l'Etat en ce domaine. Je tenais à vous informer que j’ai participé à l’élaboration d’une proposition de loi demandant l’instauration d’une Journée Nationale de la Résistance.
Demeurant à votre disposition,
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de mes salutations distinguées.
Bernard CAZEAU
Sénateur de Dordogne
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