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Soutenir les cadres périgourdins.
Monsieur le Président de la CFE-CGC Dordogne, Monsieur Claude Faye,
J’ai bien reçu votre courrier du 20 juillet 2010 et je vous remercie de m’avoir alerté sur les préoccupations des cadres, concernant le projet de loi gouvernemental sur les retraites. J’ai pris connaissance avec un très grand intérêt de vos amendements relatifs à la défense individuel minimal.
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Depuis le début de l’année en France, les embauches de cadres, débutants et confirmés, sont en croissance. Et l’embellie ne fait que commencer. Au deuxième trimestre, 52 % des entreprises interrogées selon l’APEC ont recruté au moins un cadre (contre 47 % en 2009). Et 43 % prévoyaient d'embaucher au troisième trimestre, soit un niveau nettement supérieur de celui du printemps 2008. Pour la première fois depuis la crise, cette amélioration concerne aussi les jeunes diplômés.
Le perfectionnement du marché du travail des cadres ne doit pas toutefois dissiper la fatigue d'une profession qui, en trente ans, a vu sa situation relative se dégrader fortement. Les fantastiques gains de productivité qu'ils ont réalisés en vingt ans n'ont guère été payés de retour : en 1975, un cadre gagnait 5 fois le salaire d'un ouvrier. Aujourd'hui, le rapport n'est plus que de 2,2 fois !
La distance que prennent les cadres par rapport à l'entreprise commence à devenir vertigineuse. Elle se traduit notamment par des phénomènes de « fuite » du travail. Au-delà de cette prise de conscience, il faut bien voir que le problème des cadres n'est pas l'emploi, mais l'évolution des modes de travail. Alors même qu'on a complètement individualisé leur évaluation, ceux-ci ont connu une baisse conséquente de leur niveau de vie depuis la crise.
On peut ainsi attirer l’attention sur la baisse brutale de la masse salariale qu’a subie l’AGIRC cette année. En effet, alors que la masse salariale a baissé en moyenne de 1,3 % au niveau national en 2009, celle-ci a baissé de 2,6 %. Deux facteurs expliquent ce phénomène. D’une part, l’évolution du plafond de la sécurité sociale est plus rapide que celle des salaires ou de la richesse nationale. De l’autre, de plus en plus de cadres ou assimilés ont connu une forte baisse de leur rémunération, du fait de l’importance prise par les parts variables individuelles dans cette rémunération. La réforme des retraites devra être l’occasion de s’interroger sur la place des cadres dans notre système social. Vos amendements nous y aident.
Demeurant à votre disposition,
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de mes salutations distinguées.
Bernard CAZEAU
Sénateur de la Dordogne
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