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vendredi 10 février 2012
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La liberté en Iran.
Madame Soraya Azad,
Par votre courrier en date du 19 mai dernier, vous m’avez fait part de votre pétition en faveur du respect des droits de l’Homme en Iran. Les élections de l'été 2009 avaient soulevé un énorme espoir de changement, en particulier parmi les
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Leurs protestations ont été réprimées dans le sang par la police et les miliciens. Des manifestants ont été tués par balles, arrêtés, emprisonnés, battus, violés, torturés. En particulier dans la sinistre prison de Kahrizak. Selon la ligue des droits de l’Homme iranienne, le pouvoir a entassé des milliers de personnes en prison.
D'autres ont été libérés, mais en versant des cautions tellement exorbitantes (jusqu'à 500 000 euros) que, parfois, toute la famille doit s'endetter et mettre en gage les biens familiaux. Un moyen de pression supplémentaire pour faire taire des personnalités qui, au moindre écart, sont remises en prison. C'est le cas, par exemple, de l'ancien vice-ministre de l'intérieur Mostafa Tadjzadeh qui attend chez lui son verdict, après six mois de prison. Celui aussi du cinéaste Jafar Panahi, libéré sous caution et en attente de jugement.
La fin du soutien de la Russie et de la Chine, qui se sont alignées sur les Occidentaux en votant une quatrième série de sanctions contre l'Iran, lors du vote du Conseil de sécurité de l'ONU, jeudi 10 juin 2010, constitue un coup dur pour le président Mahmoud Ahmadinejad. Le moment est particulièrement critique pour lui : jamais, depuis la Révolution de 1979, de l'avis général, les conditions de vie des iraniens n'avaient été aussi mauvaises.
Il est clair en tout cas que le régime actuel ne subsiste que par la répression. Or il y a déjà longtemps que l’historien Eric Hobsbawm avait fait remarquer que « l’oppression du peuple iranien ne pourra pas durer dans le temps. Elle est suicidaire. L'absence de libertés démocratiques, l'inexistence des droits des femmes, l'augmentation du chômage et de l'inflation, l'oppression des minorités nationales, l'emprisonnement systématique de tous ceux qui contestent le régime en place et aspirent à davantage de liberté et de justice sociale causeront à terme sa perte ». C’était en novembre 1977 et il parlait alors du régime du Shah.
Demeurant à votre disposition,
Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes salutations distinguées.
Bernard CAZEAU
Sénateur de la Dordogne
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